Les 16, 17 et 18 Juin 2025 s’est tenu le 1er séminaire APBio, acronyme pour Animaux et Plantes de service pour la gestion des bioagresseurs. Ce séminaire a réuni un collectif interdisciplinaire (INRAE, CIRAD, FIBL, IFCE, etc.) autour d’un objectif : repenser la place des animaux et des plantes de service dans les agroécosystèmes pour réduire l’usage des intrants, réguler les bioagresseurs et renforcer la durabilité des systèmes agricoles. Le groupe de travail constitué a pour aspiration d’identifier des leviers techniques, éthiques et socio-économiques pour intégrer durablement les animaux de service dans les systèmes cultivés.
Plusieurs retours d’expériences et résultats majeurs ont été présentés sur par exemple l’utilisation des moutons pour gérer l’enherbement et permettre la réduction des herbicides, le pâturage de vergers par les lapins qui permet un nettoyage du sol efficace et assure un microclimat bénéfique aux lapins ou encore les poules pondeuses en vergers pour réguler les ravageurs.
Ces échanges ont permis de soulever plusieurs limites et questionnements pouvant inspirer de futures thématiques de recherche autour notamment de l’écorçage, de l’automédication ou encore des effets non désirables sur les auxiliaires des cultures.
Les concepts clés d’animal de service et de plante de service ont été redéfinis. L’animal de service est alors défini comme un acteur des agroécosystèmes apportant des services directs (régulation, fertilisation, enherbement) et indirects (prophylaxie, microclimat, interactions trophiques). Les plantes de service jouent un rôle complémentaire : régulation des ravageurs, amélioration du sol, fixation d’azote, attraction d’auxiliaires. Un réseau précédemment créé sur les plantes de service a été proposé comme source d’inspiration pour créer un modèle méthodologique. Des problématiques transversales sont ressorties des échanges comme la reconnaissance des disservices (écorçage, sur-fertilisation, prédation d’auxiliaires) et l’intégration du bien-être animal dans la conception des systèmes.
Plusieurs ateliers ont notamment permis d’échanger autour de ces concepts afin de définir les services (régulation, protection, fertilité, production, culturels) et l’importance du comportement et de l’apprentissage animal. D’identifier les traits de l’animal de service idéal ou encore de raisonner les synergies plantes de services et animaux de service à l’échelle de la parcelle et même du système.
A l’issu de ce séminaire, de grands objectifs sont apparus comme étant essentiels à intégrer dans de futures pistes de recherche :
- Concevoir des systèmes agroécologiques intégrés alliant cultures, animaux et humains.
- Développer la recherche sur les interactions comportementales et trophiques.
- Favoriser la sélection d’animaux selon leurs qualités de service et non de production.
- Prendre en compte la dimension éthique et le bien-être animal dans la transition agroécologique.
- Encourager la co-construction entre agriculteurs, éleveurs et chercheurs pour l’adoption de pratiques combinées plantes–animaux de service.


