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Construire la résilience climatique des filières bio : du diagnostic agricole à la stratégie d’entreprise

À l’occasion de la Journée Climat organisée par le Cluster Bio Auvergne-Rhône-Alpes le 17 novembre dernier, Maud Bouchet (Isara Conseil), a ouvert la journée en partageant les principaux enseignements d’une étude menée ces derniers mois sur l’adaptation au changement climatique des filières biologiques régionales.

Si l’on parle souvent des impacts du climat sur les cultures, cette intervention a montré que les conséquences vont bien au-delà des parcelles agricoles. En Auvergne–Rhône-Alpes, avec +1,8 °C déjà observés, sécheresses, vagues de chaleur et modification du régime des pluies affectent non seulement les productions, mais interrogent aussi l’organisation même des entreprises agroalimentaires : sécurisation des matières premières, fonctionnement des infrastructures, logistique, procédés de transformation, conditions de travail ou encore évolution des marchés.

Le projet DINAII, porté par le Cluster Bio Auvergne-Rhône-Alpes et Isara Conseil, avec le soutien financier du DINAII, vise précisément à aider les filières et les entreprises à anticiper ces transformations.

  • Traduire le climat en impacts agricoles concrets

La première phase du projet a consisté à analyser l’impact du changement climatique sur la filière Grandes Cultures et Fruits biologiques.

Cette analyse, réalisée par Maud Bouchet et Valentine Neyret, met en évidence l’exposition des systèmes de production bio à la précocité des cycles végétatifs et au stress thermique et hydrique croissants et à une pression accrue des ravageurs et maladies. Les impacts touchent à la fois les rendements, la qualité des productions, les fenêtres de travaux agricoles, la logistique et les coûts de production. A l’échelle des filières, le risque de déplacement des bassins de production est aussi à prendre en compte.

L’étude souligne toutefois que les systèmes bio disposent déjà de caractéristiques favorables à l’adaptation : diversité des rotations, sols vivants, autonomie accrue, approche systémique et dynamiques collectives fortes au sein des filières biologiques. Autant d’atouts qui constituent des points d’appui concrets pour construire des stratégies de résilience face aux évolutions climatiques

  • Quand l’adaptation climatique devient un enjeu stratégique pour une entreprise

Dans la continuité de cette analyse, le projet a aussi permis d’accompagner des entreprises agroalimentaires dont l’activité dépend directement de ces systèmes agricoles.

L’exemple de la Biscuiterie de Provence, intégrée au dispositif, illustre la démarche : un travail d’analyse croisée des matières premières a permis d’évaluer à la fois leur vulnérabilité climatique et leur empreinte carbone. Cette approche a permis d’identifier les ingrédients les plus critiques pour la résilience future de l’entreprise. Les résultats mettent en lumière des matières premières exposées (amandes, chocolats, fruits secs, huiles, certaines farines), issues de bassins déjà fortement soumis aux aléas climatiques.

  • Des pistes d’action concrètes

Sur cette base, plusieurs leviers d’adaptation structurants ont été proposés : diversification géographique des approvisionnements, sécurisation des volumes par des contrats ou des stocks tampons, évolution des cahiers des charges, collaborations renforcées avec les producteurs, soutien aux pratiques agroécologiques et régénératrices, ou encore exploration de filières alternatives plus résilientes. L’objectif est de construire un plan d’action qui combine robustesse climatique, réduction des émissions, pérennité technique et économique des entreprises impliquées.

Ce travail mené avec le Cluster Bio montre comment il est possible de relier concrètement prospective climatique, analyse des systèmes agricoles et stratégie d’entreprise.

Au-delà du diagnostic, notre rôle consiste à traduire les évolutions climatiques en risques opérationnels pour les filières et les entreprises, puis à identifier des leviers d’adaptation réalistes, techniquement pertinents et économiquement viables. Cette approche permet aux acteurs des filières bio de passer d’une prise de conscience des impacts du changement climatique à la construction de véritables plans d’adaptation.

Retrouvez l’étude menée ici 

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